Découverte

Découverte
Mille ans de sommeil
Volubilis apparaît dans les premiers textes arabes et sur les monnaies qui furent frappées dans la ville durant le 8ème siècle, sous le nom de Walila.

Islamisée durant le 8ème siècle, Walila accueillera en 789, le fondateur de la dynastie Idrisside, Idriss 1er. Le successeur de ce dernier, Idris II, choisira de s’installer à Fès en 808, et à

partir de cette date Volubilis commença à tomber dans l’oubli après avoir été la première capitale des Idrissides.

Durant les siècles suivants le site n’est souvent cité par les auteurs arabes qu’en référence à la proclamation d’Idris 1er en tant qu’Imam par les Volubilitains. Au 16ème siècle, Volubilis apparaît sous le nom de Ksar Pharaoun (Palais du Pharaon) chez Jean Léon l’Africain, appellation conservée encore aujourd’hui parmi les habitants de la région qui la nomment parfois El Ksar (le Palais).

En 1721, à l’occasion d’une ambassade britannique du Commodore Stewart auprès du Sultan Moulay Ismaïl à Meknès, John Windus, membre de la mission, repéra et dessina les ruines alors visibles de la basilique, de l’arc de triomphe et de la porte dite de Tanger. Les dessins de J. Windus et ceux du baron autrichien Von Augustin qui a visité le site en 1830, permettront plus tard de démontrer que le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 aura touché le site.

Charles Tissot, ministre plénipotentiaire de France, visita le site en 1878 et identifia les ruines de Ksar Pharaon au site antique de Volubilis, et entre 1888 et 1890, Henri de la Martinière, y effectua 2 missions de fouilles.

En mai 1915, sous l’impulsion du Général Lyautey, les fouilles programmées débutèrent avec le dégagement de la zone comprise entre l’arc de triomphe et la basilique.

 

Une cité sort de terre
Les premières fouilles effectuées à Volubilis ont été entreprises par le ministre français à la légation de Tanger, Henri de La Martinière entre 1888 et 1890.

Les fouilles programmées qui ont débuté le 25 mai 1915 ont été organisées sous les auspices du service des Antiquités, Beaux-Arts et Monuments historiques, dirigé alors par Maurice Tranchant de Lunel, architecte conseil du Protectorat. Elles furent confiées au lieutenant-colonel Boin, puis au capitaine Hénissart auxquels a été adjoint à partir d’octobre 1915 le lieutenant de réserve et membre de l’École Française de Rome Louis Chatelain. Les ouvriers étaient en grande partie composés de prisonniers allemands de la première guerre mondiale.

Les premières fouilles qui se sont attachées à dégager les alentours des deux principaux monuments, l’arc de triomphe et la basilique, qui étaient alors visibles ont permis de mettre rapidement au jour une grande partie du centre monumental (forum, capitole, tribune aux harangues, thermes du capitole…..) et des bâtiments qui l’avoisinent (maison au désultor, maison au chien, thermes du Nord….).

Les grandes entreprises de fouilles et de restauration

 

 

Depuis le 25 mai 1915 jusqu’aux débuts des années 50, les fouilles ont été menées sur le site de Volubilis de façon ininterrompue. Les premiers dégagements ont permis la mise au

jour du centre monumental, le quartier sud et les environs de l’arc de triomphe alors que la seconde tranche des fouilles s’est principalement attachée à révéler les grandes demeures du quartier nord-est. Depuis l’indépendance, les recherches sur le site ont eu pour objet de mieux connaitre les différentes phases de l’évolution de la ville et d’étudier les niveaux maurétaniens et post-romains.

Les grandes opérations de restauration ont touché l’arc de triomphe entre les années 1930 et 1934 et il a fallu attendre les années 1960 pour voir se réaliser les restaurations du capitole (1962) puis de la basilique (1965-1967) et de la porte de Tanger (1967).

Les mosaïques du site furent restaurées à diverses époques mais c’est surtout entre 1952 et 1955 qu’une grande campagne de restauration a été menée.

L’actualité de la Recherche archéologique
  Plusieurs programmes de recherche ont été menés à Volubilis pour mettre en valeur le site et son entourage. Parmi les principaux programmes conduits durant les trente dernières
années à Volubilis on peut citer :Les campagnes de prospections réalisées par la mission maroco-française du « bassin du Sebou » entre 1982 et 2001 qui a permis de recenser un grand nombre de sites

archéologiques d’occupations diverses et de mieux connaître le territoire de la cité.

De 1988 à 1992, les fouilles entreprises sous les auspices de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et de Patrimoine dans les environs de l’arc de triomphe ont permis de mieux préciser la stratigraphie de l’occupation du site aux époques post-romaine et islamique.

Entre 1996 et 2001 la mission maroco-française sur « les monuments religieux en Maurétanie tingitane » a consacré une partie de ses travaux à l’étude des temples de la ville.

Depuis 2001 une mission maroco-anglaise a mené des fouilles dans le secteur sud-ouest de la ville dans l’objectif de déceler de nouveaux témoignages de l’occupation post- romaine et islamique. Dans le même cadre un plan de gestion et de conservation du site est entrain d’être élaboré et des projets pilotes ont été réalisés comme le projet de restauration des thermes Idrissides.

Entre 2002 et 2005 des fouilles archéologiques dans le cadre du programme « PROTARS » furent menées à l’est de la ville pour mieux cerner l’occupation préromaine à cet endroit de la cité.

En plus de ces programmes de recherche plusieurs fouilles et études sur les monuments et les objets archéologiques du site sont conduites annuellement par des étudiants et des chercheurs marocains et étrangers. Aujourd’hui des dizaines d’articles et de livres sont éditées en plusieurs langues sur Volubilis.

Techniques actuelles, Les outils de recherche et de gestion contemporains
Les recherches actuelles à Volubilis s’appuient sur des méthodes scientifiques contemporaines. Les chercheurs font appel, en plus des outils traditionnels comme les cartes et la
photographie aérienne, à des appareils et des outils de travail modernes comme la station totale, le GPS, les bases de donnéesliées au système d’information géographique (SIG) et les programmes informatiques élaborés.  D’autres méthodes sont appliquées par les chercheurs à Volubilis comme la digitalisation des monuments et des mosaïques et les prospections géomagnétiques. Des opérations de diagnostiques poussées ont été conduites sur le site afin d’évaluer l’état de conservation des vestiges et préparer les méthodes d’intervention et de restaurations adéquates. Des opérations de restaurations, de désherbage et de nettoyage sont organisées systématiquement pour mettre en valeur le site et sauvegarder ses monuments et ses mosaïques.

Et pour une gestion digne d’un site reconnu comme patrimoine mondiale, Volubilis s’est doté d’un grand ouvrage construit sur une longueur de 200 m et une profondeur de 8m par rapport au niveau de sol actuel. Il a été édifié pour améliorer la gestion et la présentation du site et remplacer les constructions en état délabrées déjà existantes.

Cet ouvrage abrite le centre d’interprétation, les bureaux administratifs, un centre de recherche, des maisons pour les chercheurs et le conservateur et des locaux de service.

Ces bâtiments ont été conçus dans l’esprit de préserver la perspective du site de façon à ne pas constituer un obstacle visuel dans le paysage. Ils sont ainsi greffés sur la pente de la rive gauche de l’oued Fertassa et restent invisibles à partir de l’accès au site. Pour garantir la stabilité des constructions édifiées sur un terrain argileux et plastique, un soin particulier a été apporté aux fondations ainsi qu’aux élévations bâties en béton armé dur et résistant.

Le classement UNESCO : Volubilis patrimoine mondiale de l’humanité
Volubilis est l’un des sites les plus riches de la période romaine en Afrique du Nord. Son histoire s’étend sur 15 siècles durant lesquels il a connu la succession de plusieurs civilisations depuis l’époque maurétanienne jusqu’à l’époque islamique en passant par l’époque romaine et paléochrétienne.

La richesse de son histoire, la préservation de ces vestiges et la singularité de son paysage ont incité L’UNESCO à inscrire Volubilis dans la liste du patrimoine mondiale le 06/12/1997.

Une Inscription inédite puisqu’elle est basée sur 4 critères de l’UNESCO:

• Critère ii: exemple exceptionnel d’une ville témoignant d’un échange d’influences depuis la Haute Antiquité jusqu’à l’arrivée de l’Islam.

• Critère iii: exemple exceptionnel d’ensemble archéologique et architectural et d’un paysage culturel apportant un témoignage sur plusieurs cultures dont plusieurs sont disparues.

• Critère iv: exemple exceptionnel d’un foyer de différentes formes d’immigration, de traditions culturelles et de cultures disparues depuis la Haute Antiquité jusqu’à l’arrivée de l’Islam

• Critère vi: site chargé d’histoire, d’évènements, d’idées, de croyances et d’œuvres artistiques d’une signification universelle.

Le site est entouré d’une zone de protection qui s’étend sur 4200 ha, c’est l’une des plus grandes zones de protection des sites du Patrimoine Mondial approuvées par le Comité du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Volubilis possède aussi un numéro foncier et un plan cadastral englobant les vestiges du site et de sa zone tampon.